dimanche 21 février 2016

On joue dans la nuit

Moments choisis - "Assis ou debout, mais toujours sans bouger ses iep (ou presque)"

Petits défis sympathiques de fin de soirée, autour du jeu du yoyo, de celui du cercle et du déplacement latéral.



Bon. Y a des choses à redire. 

Ok ok le poney a une attitude bien positive et j'en suis vraiment ravie, surtout quand on sait d'où on partait...

Toutefois, cet élément ne doit pas m'inciter à ne pas aller jusqu'au bout de mes opinions.Genre le coup du DL sur la barre, bah je laisse toujours l'exo se détériorer sur la dernière foulée et peut être que ça ne se voit pas trop, mais y avait certain moment où je n'avais plus vraiment de plan A (donc encore moins de plan B -toujours avoir un plan B les gars!). Ça reste correct, parce que je me rattrape vite et que je compose avec ses idées et ce que je trouve.. mais ça pourrait être encore mieux et plus challenging pour nous deux! 

En fait, comme je le trouve cool dans son attitude, j'ai "peur" qu'il en vienne à argumenter et se déconnecter si je deviens trop rigoureuse dans mes consignes. Alors vous allez me dire, ouais mais bon les déconnexions c'est pas grave, au contraire même! Oui sauf que les déconnexions de Kumo c'est pas juste du je te tourne le dos, où je pars au galop loin de toi, mais plus je sors littéralement de l'endroit où on se trouve, quitte à défoncer la barrière, reviens demain. Ça n'est pas arrivé depuis longtemps, mais ça m'a laissé un souvenir très amère et je sens que j'ai bcp d'appréhension vis à vis de ça. J'ai en effet mis énormément de temps à l'avoir autant avec moi, qu'il désire enfin interagir et participer aux activités que je lui propose.  

Enfin j'ai constaté quelque chose dernièrement: j'ai le sentiment qu'il lit assez mal mon énergie (surtout à la fin de la vidéo quand je lui demande de désengager). Je continue de l'aborder encore un peu trop avec un langage corporel qui conviendrait plus un LBI (genre je suis très discrète avec mon corps, et d'un coup je le surprends.).

Bref, il faut que je prenne une bonne dose de Pat Parelli qui est "naturel" et qui ne met pas la charrue avant les boeufs. 
Oui la discrétion c'est bien, mais ça ne doit pas remplacer la clarté. Oui l'attitude positive du cheval c'est génial, mais ça ne doit pas me détourner de mes objectifs.


***


Et pour rigoler un peu. C'était seulement la troisième fois qu'ils jouaient tous les deux.
Je crois que mon petit frère a été un peu perturbé par le fait que je prenne la caméra, du coup y a du mélange de stick/longes/et indications dans l'air ^^.


Parelli, mon poney et moi.. Ce joyeux merdier - Acte II


Revenons à nos moutons (mon poney est frisé, tu as compris la vanne?)




Je le savais!

Bon. On en était où? Ah oui Parelli tout un bordel tout ça, tout ça.


  • L'équitation éthologique & Moi - Notre rencontre, où le moment où j'ai cru devenir Dieu

Quand tu commences à connaitre le monde de l'étho, t'as légèrement tendance à croire que la grâce de Dieu t'a touché.e du doigt, ou que Dieu t'a touché.e avec son doigt de la grâce, ou que la grâce t'a touché.e avec son doigt de dieu.. Bref! Tu découvre un univers qui te plait, qui t'apprend plus qu'en quatre ans de club, donc forcément, tu dévalises rapidement les boutiques pour te fournir en matos (même si le licol à poids -dont on sait tous d'où il vient- coute trois fois le prix d'un beau sweat), et te voilà prêt.e à partir à l'aventure, ton carrot-stick à la main, tes longes et ton beau licol en corde sur le dos. 



Généralement poney est assez réceptif et t'en viens même à te demander si Jésus ça serait pas un peu toi finalement. Déso, mais le mec sait  juste marcher sur l'eau, alors que toi tu parviens désormais à faire reculer ton cheval de cinq pas sans bouger tes pieds, juste en remuant ton index (ou ton poignet.. Ou parfois ton bras.. Ou un peu tout ton corps en même temps). Sur l'échelle de la swag attitude t'es large au dessus moi j'dis!

Les jours passent, les mois s'enchainent et tu finis par te dire que Pauline Beulze a peut être du soucis à se faire question notoriété. Parce que les photos sur la plage en cordelette c'est certes pas pour tout de suite, mais t'as déjà le sable (de ta carrière) et la cordelette d'abord! Alors bon le magnifique paysage et surtout l'attitude du poney heureux de faire des trucs avec toi, on s'en passera pour l'instant (non Caramel n'a ni la classe de Penn et encore moins la joie de vivre de Naïade, mais OSEF, les superbes photos prise à l'instant T feront illusion pour nous). 


"Marcel prends la photo j'te dis! J'ai plus les freins! J'AI PLUS LES FREINS!!!"

Les montages vidéos n'ont plus de secret pour toi et le faceponey devient ton réseau social préféré. En fait t'as le sentiment d'avoir réussi ta vie, parce que toi aussi t'as plus 150 fans sur ta page, sauf que le destin en a décidé autrement. 

Oui, ton amour inconditionnel pour le net pony-esque te fait parcourir un nombre incalculable de forums et un beau matin tu entends parler d'un débat sur "Parelli VS La Cense, c'est qui qui gagne?".



Tu lis, tu lis et tu te rends compte que Parelli c'est pas forcément ce que tu croyais. Qu'il y a pas que les sept jeux de société qui constituent son approche, et qu'en plus, le gars il continue de faire tourner activement la machine (j'entends par là sortir des DVD presque tous les deux mois, avoir une communauté et pas seulement proposer des démo en septembre autour d'un WE *siffle*). Tu apprends surtout que celui qui a plagié sur l'autre en premier c'est pas celui que tu pensais et qu'une fois de plus les Américains inventent définitivement les meilleurs trucs (après Disney et la Petite Maison dans la Prairie il va s'en dire).
Tu découvres même des concepts dont t'as jamais entendu parler "Savvy de quoi? Horsenality à vos souhaits? Fitness émotionnel pardon? Psychologie inversée excusez moi? Level Parelli sorry?" Bref, c'est un merdier pas possible, mais comme le caca c'est délicieux tu fonces droit dedans et tout ce que tu pensais connaitre et savoir s'en voit pas mal chambouler. 

*** 



C'est un monsieur avec des grosses moustaches et un accent que tu ne comprends pas très bien, qui t'accueille -virtuellement- dans cet univers presque hollywoodesque. Finalement tu demandes si les Dvd français avec le petit jingle de début en mode Arte et la voix off monocorde ne vont pas te manquer.  
Mais ce qui est cool avec ce gars, c'est qu'il te montre les choses avec un cheval qui est en apprentissage (un peu comme ton poney Caramel). Du coup tu peux bien plus d'identifier! Puis quand tu vas fouiner un peu dans les bouquins, sur le Parelli Connect tout ça, tu te rends compte qu'il traite de pleins de trucs en fait ce cowboy et qu'il y a pas mal de différence avec le concept français. 

  • Parelli, ce monde fantastique(ment) complexe


Voilà. De rien. Au revoir.

Non je déconne, je vais t'aider un peu à mieux comprendre tout ça. Et encore, là ils ont vachement synthétisé, crois moi.

Parlons un peu d'histoire.

Mais pourquoi dont tant de violence envers ce pauvre Stephane?

Fondée en 1981, Parelli met l'accent sur l'enseignement de l'humain plutôt que la formation du cheval.

Dès le début, Pat réalise que les chevaux ont déjà toutes les compétences nécéssaires pour prospérer dans leur monde. Il découvre alors que la compréhension de la psychologie, de la personnalité et de la nature des chevaux pourraient devenir la base d'une relation homme-cheval ( = horsemanship) profonde, mutuellement bénéfique, sans force, ni violence (c'est ti pas coolisime?).


  • Les objectifs de PNH

L'approche Parelli n'a pour objectif d'éduquer les chevaux, mais bien de former les propriétaires à devenir de bons éducateurs et plus tard entraineur, afin de construire une relation de confiance avec l'animal. 

Bien entendu, les fondamentaux de l'équitation (respect, impulsion, flexion) y sont aussi enseignés (au level 4 en finesse, donc avec la monte en contact où les élèves déroulent de jolis éléments de dressgae), mais le fondement de la méthode se base sur la relation "primaire", avec les principes de l'amour, du langage, et du leadership pour guide, à dose égale. 


L'approche permet donc à tous les amateurs de chevaux, de tous les niveaux, et de toutes les disciplines de parvenir à/au:

  • succès, sans user de la force
  • partenariat, sans domination
  • travail d'équipe, sans crainte
  • volonté, sans intimidation
  • harmonie, sans contrainte

(j'ai traduit plus haut, alors fais pas genre tu comprends pas ce qui est écrit)

Comme dirait Linda, "C'est plus que "juste un cheval ou de l'équitation". Cela nous plonge complètement dans le développement personnel des choses. "Vous apprendrez sur vous même, vous en apprendrez davantage sur la communication, sur le leadership, sur la vérité, sur les conséquences et la responsabilité."



  • Le Natural horsemanship ; Vous avez dit naturel? Mais par rapport à quoi au juste? 



Le principe du PNH est donc avant tout la compréhension du cheval et de l'homme, naturellement (= qui n'est pas du fait de l'homme)
La première étape est donc de comprendre et d'accepter que le cheval, espèce différente de la nôtre, pense et interprète les informations extérieures différemment,  agit en fonction de motifs différents et ressent des émotions différentes des nôtres,  même dans une situation similaire. L'évolution a au contraire fait de nous des êtres avec  structure mentale et psychologique complexe, dont les nombreuses facettes, parfois contradictoires, avouons-le, se reflètent dans notre attitude corporelle.  Or c'est justement cette attitude corporelle que les chevaux déchiffrent et interprètent en fonction des priorités qui leur sont propres. C'est pourquoi il est fondamental de savoir autant ce qu'ils expriment, que ce qu'ils "lisent" de nous, afin de mieux nous comprendre et nous faire comprendre
Car même si nous ne nourrissons aucun désir de malmener notre cheval, il sera susceptible de céder à ses réflexes de fuite et de défense tant qu'il lira en nous les signaux subtils qu'il a appris à reconnaître comme désignant une attitude prédatrice.

"Le cheval n'est ni respectueux, ni irrespectueux. 
S'il semble "respectueux" c'est qu'il a été bien dressé par des réponses conditionnées: je fais quelque chose, je réussis à arreter la pression, cest bon pour moi. Il cherche juste à obtenir son confort.
Un mauvais comportement, si ce n'est pas la fuite, a été appris." - Merci Andy Booth.


  • Le jeu des différence: Prédateur VS Proie 





Laissons de côté les chères théories de notre Monty nationale et concentrons nous sur des aspects plus éthologiques. 





Oui mais non Monty.






Notre côté prédateur nous fait placer nos besoins de confort/nourriture/plaisir en tête - l'argent et les biens matériels étant porteurs du même symbole, à savoir quelque chose à posséder ou consommer

Certains humains sont même capables de risquer leur vie pour différents motifs, possession, gloire ou conviction (guerre, duel, vol, excès de vitesse...). Cela va également influencer certains traits inconscients de notre comportement (par exemple quand je veux absolument que mon cheval exécute ce que j'avais en tête et que je perds légèrement le contrôle de mes émotions)

En tant qu'animal "proie", le cheval est obsédé par la sécurité. Il va jusqu'à renoncer à manger et boire lorsque sa confiance est mise à mal. 


Notre instinct nous pousse à désirer toujours un peu plus, un peu plus vite, un peu plus loin. Nos gestes, nos tensions musculaires l'expriment. Quand nous avons peur, nous "serrons les dents ou les fesses" (si si, et poney le sait, surtout quand tu es sur son dos). Tout ce qui fuit, s'échappe, se détourne provoque en nous une sensation de manque à combler, et le premier réflexe que nous avons est alors de s'accrocher, s'agripper,ou même ramener de force.
Le cheval n'a pas peur d'être blessé, il a peur d'être tué. Son instinct le fait fuir tout ce qui mord, s'agrippe, s'accroche, force, se dirige droit sur lui ou tente de bloquer ses issues. Lorsque la fuite est compromise, il attaque pour se défendre - dans sa tête, il se bat pour sa survie.

Notre société actuelle nous incitent à faire face à ce que l'on désire obtenir, à nous concentrer sur cet "objet du désir" et marcher sans détours dans sa direction jusqu'à l'atteindre, jusqu'à satisfaction. 




Toi même tu sais.


La structure mentale d'un cheval se construit au contraire toujours, au départ, autour de la notion de sécurité, et seulement celle-ci. C'est ce qui va déterminer son interprétation de l'environnement. Le cheval a donc une approche latérale, contrairement  à nous qui avons une approche "directe", sans détour.  

À la notion de sécurité est très liée celle de "hiérarchie" : le leader du troupeau est celui en qui l'on a confiance en ce qui concerne la direction à suivre et l'attitude à adopter. Un bon leader sait se faire respecter d'un froncement de naseau, d'une demi oreille, d'un fouillaient de queue... C'est pourquoi il est vital pour un cheval de savoir en permanence quelle est sa position hiérarchique face aux autres chevaux et aux humain et donc de la "tester". Cela ne signifie pas pour autant qu'un cheval soit "plus heureux" s'il est dominant : il a simplement, profondément, besoin de savoir. Ce réflexe de test "hiérarchique" (entendons nous sur la définition, je ne parle pas du plus fort en terme physique, ou psychique, mais de celui qui prend les décisions) est inhérent à chaque espèce grégaire, ou qui travaille en groupe (dans l'entreprise, ou dans un projet commun, il y a parfois une personne nommée "chef équipe". Afin que tous le monde prenne du plaisir, il est fondamental que cette personne est une excellente gestion de ses émotions, de la lecture de ses collègues, et de l'objectif à atteindre pour conduire tous le monde à bon port). Car l'humain n'est pas qu'un "prédateur", il est capable de comprendre et de respecter la nature profonde de son compagnon équin, et de se comporter en leader.


  • Avouez, les sept jeux, c'est que du langage marketing?






Développer sa compréhension du langage corporel de son cheval, savoir communiquer avec lui, apprendre au cheval à se sentir en confiance dans le monde des humains, voilà les objectifs des élèves de la méthode Parelli. 

Par le biais des sept jeux, l'humain développe son leadership, où respect mutuel, autorité sans agressivité, et esprit de justice sont les fondamentaux! 
L'objectif reste donc de ne pas perdre la motivation de son cheval et encore moins de se retrouver -ou pire de le conduite- en situation d'échec. 

Mais c'est au-delà des "tâches" à accomplir, l'essentiel de la communication réside dans la manière d'aborder la tâche, dans le choix et la légèreté de chaque geste, jusque dans nos attitudes les plus subtiles.


Les "règles du jeu", c'est tout ce qui va nous servir à jalonner nos attentes et nos demandes, et donc nos gestes (notre langage) pour ne pas nous trouver dans des situations d'incompréhension ou d'insécurité, toutes deux sources de violence.

Les jeux sont ainsi effectués d'abord au sol, pour nous apprendre à lire notre cheval, à le décoder, et ce réciproquement, plus aisément qu'en selle. 


Jouer avec un cheval signifie que l'on est attentif à ce qu'il nous renvoie, car nous souhaitons encourager sa volonté à participer. Il est donc indispensable de savoir lire dans un refus d'obtempérer si ce dernier est motivé : par la peur, la non compréhension de la demande, un manque d'intérêt, ou une volonté d'argumenter et savoir qui peut décider des règles du jeu, etc.. Afin d'adapter notre réponse: rassurer, clarifier la demande, revoir ses consignes, agir en psychologie inversée, ramener le calme, devenir l'ambassadeur du oui.. Et surtout rester fun!


L'objectif n'est alors plus de "faire faire" quelque chose à notre cheval, mais de l'amener à vouloir le faire parce que :


  1. il sait qu'il peut avoir confiance en nos intentions,
  2. le confort suit l'effort 
  3. il peut y trouver le plaisir du jeu.


Le jeu est interactif, et si c'est un bon jeu, les deux partenaires se sentent gagnants : c'est le principe même d'une équipe!






Certains (et je l'ai trop longtemps cru!) voient la méthode Parelli comme une manière de soumettre le cheval subtilement,  en exerçant sur lui une grande pression psychologique. Il est effectivement possible, par trop de pression (la notion de "trop" étant particulière à chaque cheval) de pousser le cheval à un stade où il se "ferme" à tout et semble extérieurement résigné. En fait, cela arrive fréquemment, partout dans le monde, où l'être humain et le cheval se rencontrent, le plus souvent par incompréhension, mais hélas aussi par esprit de simple exploitation abusive. Et bien sûr, il est possible à chacun de nous de se laisser piéger par le prédateur qui sommeille dans notre petit "moi intérieur", qui désire toujours plus, plus vite... Même à de studieux élèves (ou professionnels) en PNH! En fait ça arrive même plus fréquemment qu'on ne le croit. Et ne pensez pas que c'est parce que vous allez commencer Parelli, où que vous faites du Parelli depuis dix ans, que ça ne vous arrive/ra plus! 


Mais ça n'est pas ce que cette méthode enseigne! Au contraire, la clé de la lecture réside dans le fait de savoir quand se retirer, pour respecter les paliers de confiance, de confort et de plaisir de notre cheval. Et c'est bien entendu ce qui est le plus compliqué! Car il s'agit constamment de construire et maintenir le fragile équilibre entre la confiance, le respect, le contrôle et la connexion, qui façonnent l'idéal de toute éducation !



À la prochaine pour l'ultime acte de cette sublime tragédie!

jeudi 18 février 2016

L'utilisation du renforcement positif, ou quand la carotte n'a jamais autant fait parler d'elle.


 

 

Oui? C'est de moi qu'on parle?

Ah cette fichue carotte!
Pour certains non-végétariens elle serait douée de sentiments.. Aussi les bouffeurs de salade devraient éviter de trop l'ouvrir en plein Thanksgiving (oui Michel tu es toujours un assassin, même si tu ne manges que des graines).
 


Pour d'autres elle est le mal en personne dans le travail du cheval (#teamAntan), alors que certains en ont fait leur outil principal (#teamTurfu). Et puis au milieu de tout ça il y a ceux qui ne prennent pas parti, qui font un peu au feeling mais qui aimeraient quand même en savoir plus sur son utilité (#teamSuisse). Parce que ma foi la carotte ça rend aimable, alors pourquoi pas en filer de temps en temps à Pompon (il apprendra peut être enfin à mettre les oreilles en avant le gredin!), puis pour le motiver c'est pas si mal, avouons le! Maintenant de là à en faire sa croix et sa bannière: merci mais non merci.

  • Pourquoi la #TeamAntan n'a rien compris (du moins quand elle donne ce genre d'arguments)

* Les sucres ça rend Polie agressif

Non les sucres ça ne rend pas Polichou agressif si Propriétaire de Polichou apprend:

  1. à les distribuer correctement
  2. à Polichou à les recevoir

Des chevaux que j'ai eu la chance de rencontrer, ce sont plus souvent ceux ayant l'habitude de travailler avec la nourriture qui se montraient les plus respectueux envers elle. Généralement parce que l'humain du dit poney avait pris le temps de mettre en place des règles et savait correctement utiliser cet outil.

On a tous (enfin plus ou moins) appris étant môme à ne pas se jeter sur la nourriture. Pour un cheval c'est la même chose. Donc si maman a réussi à m'apprendre la patience face à un énorme brownie (et pourtant dieu sait à quel point je suis une morfale), ça ne devrait pas être très compliqué d'inculquer la même chose à Maurice le shetland. Surtout qu'entre eux, au pré, ils savent très clairement établir ces principes (et même que tu l'as déjà constater!)et dire qui va avoir accès à la botte de foin en premier.

Dès lors, cette gestion de la frustration et surtout de l'attente, du calme, face à la nourriture peut totalement être mise en place.

Dire que Pompon ne peut pas être travailler avec de la nourriture parce qu'il est ingérable, alors que l'on prétend faire de l'équitation éthologique, c'est comme affirmer que Pompon ne peut pas travailler dans cette carrière parce que ce bidet lui fait peur (d'où le fait que vous préfériez aller dans le manège). On contourne le problème, on le résout pas.

Utiliser la nourriture peut d'ailleurs être un très bon indicateur sur là où on en est dans la relation avec son cheval. Si un brin d'herbe, ou une friandise, sont 90% de temps plus persuasifs que vous, il est justement temps de les inclure dans votre progression pour rétablir l'équilibre!
 

*Après il ne va travailler que pour la bouffe

Bon déjà je pars du principe que mon poney ne va pas travailler avec moi. Parce que le travail, comme on l'a tous expliqué au moins une fois dans une introduction de dissert' de philo, ça signifie "tripalium" =instrument de torture, bref truc pas franchement cool, auquel tu es obligé de te soumettre.

Non, avec mon poney j'essaye de m'amuser (et crois moi ça marche bien de son côté, parce qu'il se joue beaucoup de moi..).
J'ai effectivement envie que mon cheval trouve fun que l'on fasse des choses ensemble. Donc il faut qu'il y trouve son compte! Et il s'avère qu'une friandise est parfois bien plus valorisant qu'un tapotement sur l'encolure, qu'un retrait de la pression, ou qu'un "oui c'est bien" accompagné d'une caresse.

Puis tout simplement parce que Caramel aime la bouffe et que c'est toujours chouette, entre potes, de bouffer des bonbecs au cours de l'après midi (Mon Cheval = My Friend Forever).
 

*C'est son rôle de cheval de se soumettre à nos exigences sans "rien" espérer en retour (à savoir une friandise)

Ce genre de remarque est vraiment à l'opposé de ma conception de l'équitation et plus largement de mon rapport aux animaux (mais c'est très personnel je te l'accorde, tu peux passer au point suivant).

Oui bien entendu que je dois établir des règles dans notre relation, parce que Vroumvroum (il est pas genre trop cool ce nom?) vit dans un monde d'humain et que pour s'épanouir un minimum il vaut mieux pour lui qu'il soit manipulable (surtout lorsque l'on connait le nombre de personne persuadé que l'éducation d'un cheval se résume à la "baffe éthologique").

En revanche je suis entrée dans sa vie et non l'inverse. J'ai donc le devoir de m'occuper correctement de lui en répondant à ses besoins de chevaux et parce que je n'ai pas qu'envie de l'admirer dans son pré, je me dois d'apprendre à communiquer de la manière la plus juste possible avec lui.

Black est né cheval et vit très bien ainsi, même sans moi. Je souhaite donc que notre relation se base sur un partenariat à 49/51, où nous avons chacun nos responsabilités, où nous trouvons chacun notre compte et où je m'efforcerai d'utiliser le bons sens et la psychologie, plutôt que la domination, la manipulation et la force, pour parvenir à mes objectifs. Alors avant de chercher à ce qu'il obéisse à tout prix, j'apprendrai à devenir un bon leader qui saura suggérer, proposer, convaincre, plutôt qu'obliger

  • Qu'est ce que l'on apprend de la #TeamTurfu, sans pour opter adopter complètement leur système éducatif (=clicker training)

* Le clicker, c'est pas un gadget
 

Je vais ici parler du clicker training et non pas du renforcement positif comme on le conçoit de manière globale (= ajouter quelque chose d'agréable pour augmenter les probabilités qu'un comportement se répète)

Alexandra Kurland, pionnière en matière de clicker training avec les chevaux, a ériger des grands principes pour devenir un bon éducateur, ou "clicker trainer". Ce qui va donc plus loin que le simple "clic + bonbon" dont on parle beaucoup en ce moment sur le net.

Ici, il s'agit d'une approche éducative, avec sa philosophie, ses outils et ses techniques, au même titre que c'est qu'est l'équitation éthologique.

Personnellement j'y ai trouvé énormément de points communs avec PNH, depuis que j'ai enfin pris le temps de m'investir dans cette approche et non pas de rester camper sur ma position de Mme j'aitoutvutoutvécu, "parce que tu comprends, Parelli je sais ce que c'est, je fais de l'équitation étho depuis super longtemps".
 
- Crédit photo: Irish Clicker Center

1/ La sécurité vient toujours en premier : si tu ne sens pas à l'aise avec un exercice, écoute toujours la petite voix qui résonne à l'intérieur de toi. C'est ton système de guidage, qui t'informe qu'il manque une pièce à ton entrainement pour que celui-ci fonctionne

2/ Pense positif : focalise toi sur ce que tu veux que ton cheval fasse et non sur le comportement indésirable

3/ Sois un "splitter" et pas un "lumper": divise chaque leçon en plusieurs petites étapes. Enseigne un élément du comportement à chaque fois.

4/ Utilise des "baby steps" : augmenter la difficulté et nos exigences tout doucement, afin que le cheval ne rencontre pas de frustration et sois systématiquement dans un schéma de réussite où il est toujours récompensé.

5/ Ne demande pas la perfection à chaque fois : lorsque tu introduis un nouveau critère ou un autre aspect du comportement, rabaisses temporairement tes autres critères.

6/ Si un comportement se détériore, reviens en arrière, au stade précédent de l'entrainement: si ton cheval se désintéresse ou est désorienté, c'est que tu as surement été trop exigent trop tôt. Reviens au stade où ton cheval réussissait et reconstruit ta séance à partir de là.

7/ Garde la balance équilibrée : pour tout exercice que tu apprends, il y a un exercice contraire que tu dois aussi enseigner, afin de conserver un équilibre. Par exemple, si tu apprends à ton cheval à avancer, tu dois aussi lui apprendre à s'arrêter.

8/ Si un processus d'apprentissage n'entraine pas de progrès, créer en un autre: il y a TOUJOURS une autre manière d'arriver à ses fins. Il n'y a pas une seule manière d'enseigner. Et ceci est un constat très important et optimiste dans une approche éducative et particulièrement vraie et vérifiable en clicker training.

9/ Il n'y a pas de limites : si tu peux l'imaginer, ou le rêver, tu peux l'enseigner. Qu'importe le type de cheval que tu as, où les problèmes aux quels tu fais face.

Je pense que l'on peut très activement s'inspirer de ces principes, qui finalement, recoupent pour beaucoup, ceux de Parelli.

Ce que je cherche à démontrer en exposant ainsi le discours d'Alexandra Kurland, c'est que l'un des outils (=la bouffe!), bien qu'essentiel, de son approche ne fonctionne et donne des résultats concrets que selon un schéma particulier.
Donc dire: "le renforcement positif ou pire, le clicker, j'ai essayé et ça n'a pas fonctionné", c'est faux! En revanche il est fort probable que certains éléments m'aient échappée, et que j'ai loupé un ou des ingrédients capitaux quelque part.

Ce concept éducatif du cheval suit donc une progression clairement définie, qui bien que constamment ajustable à l'équidé que vous avez face à vous (et c'est à mon sens ce que l'on doit chercher en priorité dans une "philosophie et manière d'être" avec les chevaux), dispose d'exercices et de principes précis, qui sont appris selon un ordre particulier, parce qu'ils se complètent mutuellement et sont interdépendants. Un peu comme en PNH : si ton jeu de l'amitié n'est pas bon, ton jeu du porc épic sera mauvais, ect (vous vous souvenez des poupées russes? Là c'est pareil: tout est lié!).

C'est un procédé vraiment très intéressant qui évite l'échec pour l'animal et implique beaucoup de clarté de la part de l'humain (et dieu sait que les poneys aiment ça.. La clarté!) ).

Finalement le risque avec le clicker (mais l'analogie est tout aussi vraie en équitation éthologique, mais où on se retrouve souvent avec l'effet inverse, soit un cheval robot) c'est d'aborder plein de choses différentes parce qu'on a enfin la motivation du cheval, sans jamais appréhender l'approche dans son essence même (pourquoi j'aime et je fais ça), ni réellement consolider certains exercices avant de passer au suivant, ou de créer un lien entre chaque, voir même de poser des bases très claires (qui vont bien plus loin que le principe de politesse!), qui avorisent l'épanouissement pour le cheval et son propriétaire. En gros on se retrouve avec un cheval qui nous sort des jambettes à foison dès qu'il voit la carotte. Croyez moi, c'est certes joli, mais c'est pas pratique.

Je n'évoquerai pas plus en détails les tenants du clicker, qui impliquent, vous l'aurez compris, bien plus de choses que le simple clic + bonbon - entre autre la gestion de l'environnement, la construction précise des séances, la mise en place des consignes, les différentes valeurs de renforcement, le loopy training, l'équilibre constant entre "apprendre un comportement et son inverse", ect - parce que j'ai fait le choix de ne pas continuer l'éducation de mon cheval par le biais de cette approche. Toutefois j'y ai appris beaucoup et en particulier sur le renforcement positif et comment je pouvais désormais l'utiliser avec mon cheval.
 


* Le marqueur c'est trop génial

 
Qu’est ce que le « clic » en clicker training ? Le clic est votre « oui! ». C’est un marqueur, un appareil photo qui fixe précisément ce que vous vouliez.

Vous pouvez utiliser la petite boite en plastique avec une languette métallique standard, ou un bruit, un mot avec une intonation particulière (yes! / ouiiii / cloque avec la langue)

Pourquoi c'est intéressant? Parce que ça permet au cheval de savoir exactement ce que vous attendiez de lui. Ainsi, même si votre friandise arrive trois seconde après le comportement désiré, votre cheval sait pertinemment ce que vous avez récompensé. Une friandise qui arrive à la fin d'un exercice ne signifie pas grand-chose. En revanche si vous avez dit "ouiiii" lorsque Caramel a touché tel plot, ou pris telle attitude, et surtout que Caramel sait ce que signifie "ouiiii" ("Oh chouette, parce que j'ai fait tel truc, elle a dit "ouiiii" donc je vais avoir un bonbon"), Caramel a plus de chance de reproduire ce comportement la prochaine fois (bref, dans sa tête, le circuit est bien plus rapide).

Toutefois il faut au préalable conditionner de manière « Pavlovienne » votre cheval à tel ou tel marqueur, afin qu'il soit certain que tel bruit signifie tel acte de votre part et d'éviter toute frustration ou confusion.

Donc si un coup vous cliquez, ou vous criez "ouiii" mais ne récompensez qu'une fois sur deux, vos résultats seront bien moins probants et Chonchon va commencer à sacrément tirer la tronche.


Caractéristiques d’un bon marqueur :

  • distinct
  • unique
  • neutre (sans émotion) - si l'on travaille en clicker-
  • rapide/bref
 

* Etablir des règles de politesses (pour les personnes pratiquant -vraiment bien- Parelli il n'est pas nécessaire de passer par ces étapes) et "charger" le cheval.
 

Le cheval et le cavalier doivent tout deux apprendre à interagir en présence de friandise.

Si vous souhaitez utiliser le principe du marqueur exposé plus haut, voici les étapes qui vont pouvoir vous être utiles pour "charger" votre cheval. Sachez que ces dernières ne sont toutefois pas capitales pour que votre équidé comprenne ce que signifie votre marqueur . En effet, si vous employez constamment un marqueur au cours de vos séances, en faisant toujours bien attention de le faire suivre d'une friandise, votre cheval comprendra très vite ce qu'il signifie. Cependant le fait de l’enseigner de manière isolée, permet de lui donner beaucoup plus efficacement du sens, tout en instaurant les règles de politesses.

  • Le chargement

Qu'est-ce que le chargement?
 
C'est l'association du marqueur de votre choix à la récompense alimentaire.

Au départ votre cheval doit comprendre que votre marqueur est un son agréable, qu'il signifie qu'il va être récompensé. Il marque le comportement que vous souhaitez avoir, tel le déclencheur d'un appareil photo.

Ainsi, en préparant votre leçon et pendant cette dernière, imaginer toujours que votre marqueur est un appareil photo, que vous déclenchez à chaque fois que votre cheval offre le comportement que vous aviez imaginé en photo.

Pour ceux que le clicker effarouche de par sa distribution de très nombreuses friandises, je leur dirais que plus et mieux vous allez distribuer et plus vite vous allez pouvoir vous passer de friandises ensuite. Un rythme de renforcement très élevé (10 clicks et récompense par minute au minimum), un excellent timing et l'augmentation raisonnée d'un seul critère à la fois vous permettront de poser des fondations plus que solides.
Au contraire, jouer les radins au début, des attentes faramineuses de la part d'un cheval encore "vert" et une technique défaillante vous feront passer à côté des innombrables qualités et avantages du clicker training.


Comment charger le cheval




L'un des gros avantages du clicker, c'est que son utilisation est relativement simple (mais pas facile pour autant ), dans le sens où on a besoin de très peu d'équipement, si ce n'est un endroit (pour les premières leçons), où on peut être en contact avec le cheval sans que ce dernier risque d'envahir notre espace personnel (paddock, barrière de pré, box, porte...).

Quelques rappels importants:

  • lors du jeu de la cible, ne pas oublier de cacher la cible derrière son dos, une fois que le cheval l'a touchée
  • ne pas instaurer trop de difficultés trop vite (du style changer rapidement la place de la cible)
  • soyez sûr de marquer AVANT de mettre la main dans vos poches/sacoche - Atteindre les récompenses trop vite diminue le pouvoir de votre marqueur. Si vous pensez vous précipiter vers vos poches, imaginer que c'est le clic qui est le premier mouvement de votre main pour votre cheval. Même en clicker training, trop de chevaux sont "chargés" au bruit de nos poches et non à notre marqueur.
  • varier les friandises et mettre en place une hiérarchie afin d'utiliser les récompenses préférées en tant que "jackpot". Le jackpot sera utilisé lorsque le cheval a fait un gros/beau progrès lors de la séance. Il n'arrive donc pas systématiquement à la fin de la séance (il serait même assez déconseillé de l'utiliser comme "ultime friandise") et peut survenir plusieurs fois dans la séance.
  • -marquer le début et la fin de votre séance (jeter par exemple des friandises dans la mangeoire ou par terre lorsque votre session de chargement est terminée afin de ne pas frustrer votre cheval)*

Alexandra insiste énormément sur la mise en place d'un cadre, surtout quand elle travaille avec la cible: pour annoncer la fin de la séance on balance le reste de friandise par terre, ou dans la mangeoire et on s'en va. Le cheval comprend ainsi que la session (ou du moins celle-ci) est terminée. Pour annoncer le début d'une séance, certains entraineurs proposent de la matérialiser par la présence de la sacoche/banane.

  • Les règles de politesse

Comment donner les récompenses (parce que oui, là aussi il y a une manière de faire):

Alexandra incite énormément sur la manière de délivrer les friandises au cheval lors d'une cession:

"C'est vous qui contrôler la distribution de la nourriture"

Pourquoi? Ceci vous permet de contrôler le rythme de la leçon et de réduire les comportements agressifs.

 

Le travail avec la nourriture, contrairement à ce que l'on pourrait penser, permet de créer des règles autour d'elle, tout en l'utilisant. Il faut toutefois prendre le temps nécessaire pour instaurer ces règles, afin de transformer un cheval envahissant en un élève poli.

Il est donc capital de délivrer la nourriture là où on aimerait que le cheval soit. Si vous le récompensez dans votre espace corporel, vous l'encouragez involontairement à devenir envahissant.

Le travail en "zone sécurisée" (derrière une barrière, ou une porte) est parfait pour instaurer la politesse tout en restant protéger par les éventuelles réactions du cheval. Il est d'autant plus avantageux qu'il permet au cheval de découvrir ce qui marche et ce qui ne fonctionne pas, sans nous mettre en danger. En effet, à chaque fois que le cheval commence à fouiller nos poches, nous avons la possibilité de reculer. Le cheval comprend alors que ce genre de comportement ne lui apporte pas de récompense, alors que de toucher la cible nous fait activer notre marqueur et lui permet de les obtenir.

À la place de lui donner les friandises près de vous, vous étendez donc le bras en le dirigeant vers son poitrail, afin de le faire reculer et de lui donner la nourriture à l'intérieur de la zone sécurisée. À ce titre, il vaut mieux garder sa main fermée (un point fermé même), jusqu'à ce qu'elle soit là où vous voudriez que la tête de votre cheval soit. C'est un petit détail mais qui fait toute la différence.

  • Du coup, comment la #TeamSuisse peut utiliser les friandises et ce légume merveilleux?
 

* Selon sa personnalité ..

Si vous n'êtes pas très sûr.e de vous, que vous avez du mal à vous placer comme leader pour votre compagnon à crins, la récompense alimentaire ne va pas forcément vous être utile avec votre cheval, du moins pas de suite. En effet, votre cheval attend de vous que vous sachiez, que vous le guidiez, que vous soyez un bon leader. Travailler avec des friandises ne vous amènera pas franchement à sortir de votre zone confort et à l'étendre, mais au contraire à y rester en renforçant tout ce que vous faites déjà.
Aussi plutôt que d'envisager le renforcement uniquement dans le sens de votre cheval, faites l'inverse: les progrès (mêmes infimes) de votre cheval deviendront vos récompenses à vous et bien entendu à lui aussi, parce que c'est ce qu'il attend en priorité de votre personne!

Si vous êtes au contraire plutôt du genre très autoritaire, trop axé sur vos objectifs, la friandise pourra vous permettre de "lâcher" un peu de mou, et d'envisager vos rapports avec votre cheval différemment, (tenant plus du plaisir, de l'amusement, que du véritable travail). Votre cheval lui aussi mérite d'avoir son salaire avec quelques primes, surtout lorsque vous êtes très satisfait de ses résultats!

* .. Et celle de son cheval

Tous les chevaux recherchent la même chose dans cet ordre :

  1. la sécurité
  2. le confort
  3. le plaisir (entendez le jeu)
  4. la nourriture

Toutefois tous n'ont pas les mêmes besoins.

Les chevaux RB auront un grand besoin de sécurité. La friandise n'aura pas de grands effets sur eux au départ et surtout tant que vous n'aurez pas apporté ce premier critère. Celà ne veut pas dire qu'il ne faudra jamais leur donner de carotte, mais que c'est dans votre langage corporel, dans vos décisions, dans votre approche, qu'ils devront gagner en confiance pour ensuite envisager autre chose, dont recevoir de la nourriture. Parce qu'un cheval qui a peur, qui n'est pas calme ou qui manque de confiance ne voudra de toute manière pas manger.

Chez les LB la sécurité est rarement un soucis. Ce sont des chevaux naturellement confiants. Toutefois, un introverti ne va pas non plus considéré la friandise de la même manière qu'un extraverti.

L'extraverti a envie de bouger (pas forcément en avant!), de découvrir de choses, de partir à l'aventure. Bref: de s'amuser -selon ses règles bien entendu :P-. Le jeu le motivera donc plus que la nourriture.
J'ai longtemps cru que Kumo était un introverti, d'autant plus quand nous avons entamé notre formation en clicker: je me retrouvais enfin avec un cheval ultra dynamique, prêt à faire tout un tas de choses avec moi. Mais en réalité, ça n'était pas son manque de motivation qui était comblé, mais plutôt le fait que je cesse enfin de dire "non" à tout ce qu'il m'avait proposé -et qui n'allait bien entendu pas dans le sens que je désirais-. Avec le clicker je n'avais plus de "règles", je devenais l'ambassadrice du "oui".
Aujourd'hui, après m'être enfin réellement investi dans Parelli et avoir enfin compris comment pouvait se vivrecette aventure, mes stratégies ont changé et fonctionnent! Ainsi je continue de lui donner de temps en temps des friandises, surtout lorsque que ça lui a demandé un gros effort de sa part, mais elle ne sont là qu'en bonus et apparaissent donc seulement lorsque ce que je lui proposais était un peu moins fun pour lui, requérait plus d'obéissance, ect.. Mais dès lors que nous faisons quelque chose qu'il aime activement, ou que le jeu que je mets en place est beaucoup moins "contraignant", la nourriture est totalement superflue et il me le fait bien comprendre!

Un introverti est totalement à l'opposé de cette personnalité: faire les choses dans son intérêt est sa priorité et il ne bouge que très peu ses pieds. On définit très souvent ces chevaux comme fainéants, alors qu'ils ne le sont jamais lorsqu'il est question de leur confort ou de nourriture.

Héhé!
 
 Ils manquent juste de motivation et vont constamment vous questionner sur ce que vous pouvez leurs apporter et ce que ça leurs apportent à eux, de faire ce que vous leurs demandez. Avec ces chevaux la nourriture est très utile! Toutefois l'objectif pour vous est bien entendu de devenir plus intéressant, plus motivant, plus fort que la carotte!
Le risque avec ces chevaux (et d'autres!) est de tomber dans un schéma de distribution incessant. En effet, l'intégration des friandises permet très souvent de changer complètement l'attitude de ce cheval, ce qui nous ravie! Mais très vite, ce dernier, peut rapidement comprendre sur quel "bouton" il doit appuyer pour que la carotte arrive plus vite et nous faire devenir totalement dépendant elle dans nos interactions.
A nous, donc, d'être tout aussi vigilant dans son utilisation.
Elle doit rester un outil, et non devenir le leader de votre cheval.


* En la considérant comme un simple outil

Pour qu'un renforcement positif soit efficace, il faut :

  • avoir une échelle de valeurs dans les récompenses (basse/moyenne/haute)
  • varier les récompenses pour susciter la curiosité et l'intérêt
  •  avoir clairement en tête ce que vous souhaitez (et surtout pourquoi vous le souhaitez) et donc définir ce que l’on souhaite récompenser
  • savoir pourquoi, là, on veut utiliser une récompense alimentaire
  • accepter le fait que c'est l'éleve et seulement l'élève (donc votre cheval) qui décide de ce qui peut être considérer comme un renforcement positif. Le renforcement positif n'est donc pas que synonyme de caresse, de bonbon, d'arrêt de la pression. c'est votre cheval qui décide à l'instant T ce qui peut être considérer comme du renforcement positif. Aussi, si un comportement que l’on a, semble-t-il, renforcer positivement ne se reproduit pas, c'est que le renforçateur a une valeur trop basse par rapport à la situation dans laquelle on se trouve ( donc si l’on travaille par exemple les transitions descendantes et que Tonerre met toujours un paquet de temps à ralentir alors qu’on lui a pourtant donné des carottes à chaque arrêt précédent, c'est que la carotte n'est pas ce qu'il désire et ce dont il a besoin à ce moment même - peut-être lui faut-il plus de calme par exemple).

J'ai longtemps cru que l'éducation du cheval se basait en grande partie sur des schéma théoriques ou des cadrans scientifiques, alors qu'elle peut -et devrait!- aller bien au-delà de tout ça!

La carotte doit rester un outil au même titre que votre stick. Ne fonctionnez qu'avec l'un ou l'autre ne vous amènera pas à grand-chose. Enfin si, peut-être, mais certainement pas au partenariat tel qu'on l'entend communément. A une relation de "soumis/dominé" tout au plus.

J'ai évoqué dans cet article l'utilisation du renforcement positif, mais j'aurais très bien pu en écrire un semblable sur le renforcement négatif. Parce que non l'équitation éthologique ne conciste pas seulement à l'appliquer une pression et son relâchement, ne se cantonne pas essentiellement au principe de "confort/inconfort", ou aux sept jeux répéter indéfinnement. Si vous croyez que c'est le cas, vous perdrez un paquet de trucs bien cools qui pourraient vous être utiles!

Parce que tout ça va bien plus loin, tout comme le clicker training.


Merci Linda.


* A ce titre, je voudrais préciser, pour ceux qui aimerait mêler "clicker " (et non renforcement positif) et équitation étho :

Cette approche sous-entend d'avoir presque toujours son clicker sur soi, ainsi que ses bonbons et de cliquer quelques-uns des comportements de son cheval.

Au départ, avec un cheval encore vert dans le "clicker", je trouve ça légèrement dangereux et peu agréable pour ce dernier, de ne pas délimiter clairement les cessions de clicker.

Je l'ai moi-même constaté avec Kumo: il était dans une "tension" constante quand j'avais toujours mon clicker et mes bonbons dans ma poche mais que ma séance de "clicker training" n'était pas clairement définie, dans le sens où n'allions pas faire que ça.
En fait il ne savait plus quand il allait être cliqué et quand il était autorisé à proposer des choses. L'ignorance "massive" de certains de ces comportements (bah oui, je cliquais pas le fait qu'il désengage par exemple, parce qu'il savait le faire depuis longtemps) le faisait alors entrer dans une sorte de frustration, qu'il ressentait presque comme une punition négative (dans le sens scientifique: fréquence d'apparition d'un comportement tend à diminuer suite au retrait d'un stimulus).

Le clicker training ça implique tellement de choses qui dépasse laaaaargement le simple "clic+bonbon" et ça demande tellement de rigueur, que l'utiliser comme un outil éducatif pour simplement booster un peu le quotidien ou faire autre chose avec son cheval, ça créer fatalement des déséquilibres.

J'ai mis du temps à m'en rendre compte, mais finalement, quand on se décide à appréhender des systèmes d'apprentissages comme PNH ou le clicker, bah c'est pas pour rien qu'il y a tout un fil conducteur à suivre et que c'est autant "cadré". C'est bien parce que c'est complexe (et pas compliqué), dans le sens où tout à un lien.

Donc si vous voulez faire du clicker en plus de l'équitation étho, faites-le! Mais dans les règles!